05/02/2007

Déménagement

L'Indépendante déménage...
Retrouvez la suite de mes aventures quotidiennes sur 20minutes.fr

http://lindependante.blog.20minutes.fr/

medium_demenagement_small.JPG

Fiers d'être Indiens

« Mera Bharat Mahan » - « My India is great » - disait, il y a quelques années, une campagne nationale destinée à renforcer le patriotisme indien. Le leitmotiv aurait-il fonctionné ? Selon un sondage* publié par la BBC lundi, 71 % des Indiens sont fiers de l’être. En tête, les Chrétiens, avec 73 %, puis les Hindous, 71 %. Les Musulmans arrivent en dernière position : seulement 60% d’entre eux se disent fiers d’être Indiens.

Objectif de ce sondage - le premier de cette ampleur réalisé par une agence internationale - ? Comprendre comment les Indiens perçoivent leur propre pays à un moment où le monde entier salue la montée en puissance de l’Inde.

medium_sondage_small.jpg

L’optimisme général est semble-t-il partagé par les personnes interrogées. 65 % d’entre elles estiment qu’il est important que l’Inde soit une superpuissance économique et 60 % qu’elle doit également être une puissance politique et militaire. Les sondés sont également fiers de leur système judiciaire. Ainsi, 55 % d’entre eux pensent que la justice indienne « traite les pauvres et les riches de la même façon ». Un chiffre surprenant au regard des nombreux échecs de la justice et de la police indiennes (Lire la note sur les meurtres de Nithari).

Optimistes, les Indiens le sont aussi par rapport aux relations entre les hommes et les femmes : 52 % des personnes interrogées pensent qu’être une femme n’est pas un handicap pour réussir. Sur le sujet, voir ce rapport de l’OCDE, où l’on peut lire, entre autres : « Avec environ 500 millions de femmes qui souffrent de discriminations dans de nombreux domaines, la situation de la femme en Inde est nettement plus mauvaise qu’en Chine. C’est le premier pays du monde pour le nombre de femmes soumises à un statut très inégalitaire par rapport aux hommes. »

medium_femmes_good_small.JPG

Même la corruption semble plus ou moins tolérée : 47 % des personnes interrogées estiment ainsi qu’elle est « quelque chose de la vie que l’on doit accepter. Le prix à payer pour faire du business ».

Tout n'est pas rose pour autant. Principal enseignement du sondage selon le Times of India : les Indiens ont toujours le système des castes fermement ancré dans la tête. Ainsi, 51 % des personnes interrogées estiment que le système des castes représente une « barrière à l’harmonie sociale » et empêche le pays d’avancer. « Une surprise alors que plusieurs éminents sociologues pensaient que l’urbanisation et l’industrialisation avaient permis de casser les frontières entre les castes », écrit le quotidien.
Sur le sujet, lire L'Inde, l'avènement politique de la caste par Christophe Jaffrelot.

medium_growth_small.jpg Autre point noir : la croissance économique. Les personnes interrogées sont formelles quant au fait que l’Inde doit être une grande puissance économique.






Mais près de la moitié d’entre elles estiment ne pas avoir directement profité de la croissance des dix dernières années. Autant de défis qui l'Inde devra relever.

*1.616 personnes interrogées en décembre 2006, marge d’erreur de +/- 2,5 points.

02/02/2007

Soleil, Taj Mahal et bistouri

Vous connaissiez le tourisme médical en Tunisie, voici venu le tourisme médical made in India. Des agences dévouées vous concocteront un savoureux mélange de visites touristiques et d’opérations en tout genre.

medium_bruce_small.jpg Dernière histoire en date : cet Américain de 43 ans, John Joseph Conway, venu se faire faire une mâchoire identique à celle de sa star préférée : Bruce Willis.






« Je suis pompier. Je dois être au top. Je voulais avoir une plus belle mâchoire et Bruce Willis a une belle mâchoire », a tout simplement expliqué l’intéressé.

« Il nous a contacté par mail. Il nous disait qu’étant pompier, intervenant dans des immeubles en feu, il était au centre de l'attention. Il nous a donc expliqué qu’il devait renforcer l’image de mâle associée à celle du pompier », raconte Vivek Kumar, membre de l’équipe médicale du Sir Ganga Ram Hospital de Dehli qui a opéré John Conway.

L’opération a duré trois heures et a coûté 1.600 dollars. Conway, qui s’est dit « satisfait » du résultat, compte désormais revenir avec sa mère et sa sœur. Un lifting pour la première, une liposuccion pour la deuxième. Au total, ils devraient dépenser 4.600 dollars. Soit un dixième de ce qu’ils auraient dû débourser aux Etats-Unis.

Selon une étude récente, l’Inde serait en passe de devenir la première destination au monde pour qui veut se refaire la poitrine ou subir une petite chirurgie des yeux. En 2006, le tourisme médical y a rapporté près de 320 millions de dollars. Et on parle déjà 2 milliards de dollars en 2012 !

Mais le système n’est pas à l’abri de dérives. Cyberkitty, journaliste blogueuse de Dehli, note ainsi que certains de ces établissements privés n’hésitent pas à proposer des greffes illégales à leurs riches patients venus d'ailleurs. Un système qui vien alimenter le trafic d’organes en Inde.

01/02/2007

Noir coton

Épidémie de suicides dans les champs de coton du Maharastra. Depuis le début de la semaine, 16 fermiers se sont donné la mort dans la région rurale de Vidarbha, rapportent jeudi les médias indiens. Ce qui porte à 67 le nombre d’agriculteurs décédés depuis le début du mois de janvier.

Selon l’association Vidarbha Jan Andolan Samiti (VIJAS), qui vient en aide aux fermiers du Maharastra, 1452 agriculteurs se sont suicidés en 2006 dans cet Etat. Dans cette zone rurale, 3,2 millions de fermiers produisent à eux seuls 75 % du coton indien.

medium_fermiers_small.jpg

Pourtant, le Maharastra, avec Bombay, capitale financière, est l’Etat le plus riche de l’Inde. Mais les mauvaises récoltes et la chute des cours ont plongé le secteur du coton dans une crise sans précédent. Contraints à multiplier les emprunts aux taux exorbitants, des milliers de fermiers se retrouvent surendettés.

La crise s’est aggravée en 2005 quand l’Etat du Maharastra a annulé, en conformité avec les règles imposées par l’Organisation mondiale du commerce, un programme d’aides : il achetait alors l’intégralité de la production cotonnière à prix fixe. Depuis, les prix sont fixés par le marché. Difficile pour les cultivateurs indiens de faire concurrence au coton américain. Subventionné par Washington, il est jusqu’à 40 % moins cher que son concurrent local.

medium_farmer_mort_small.jpg

Avec des slogans tels que « tueurs de fermiers », VIJAS dénonce régulièrement un « Etat vendu aux normes de l’OMC, au libéralisme et à la mondialisation ». L’association regrette également la mauvaise foi du gouvernement. « Selon les autorités, la plupart des suicides ont des causes non agraires, comme l’alcoolisme, les problèmes de famille et les tensions sociales », indique son président, Kishore Tiwari. Une tactique qui permet à l’Etat de ne pas verser aux familles des suicidés l’indemnisation d’un lakh - 1740 euros - prévue dans ce cas. Ainsi, sur les 1452 suicides commis l’an dernier, seuls 686 cas ont fait l’objet d’indemnisations.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Début juillet, le premier ministre Manmohan Singh a débloqué une aide de 640 millions d’euros. En vain. Depuis, le ministre en chef de l’état du Maharashtra, Vilasrao Deshmukh, a reconnu que le gouvernement n’avait pas de solution au problème des cultivateurs…

31/01/2007

(Sur)vivre sur les routes indiennes

Petit guide de survie à destination de l’usager de la route en Inde. La première règle essentielle est…qu’il n’y en a pas. Ou plutôt si, celle du plus fort. Ici, la route n’est pas à tout le monde mais à chacun. Une différence subtile à comprendre de toute urgence. Et ainsi développer un septième sens essentiel : le réflexe. Conduire en Inde relève d’une concentration permanente. Tout écart vous mettra dans une situation, disons, peu confortable.

Ensuite, ne pas oublier qu’en Inde, héritage britannique oblige, tout le monde roule à gauche. Mais croire que cela signifie « priorité à gauche » serait une grossière erreur. La priorité va au véhicule le plus imposant. Ou à celui qui a le klaxon le plus menaçant. Ce qui revient à peu près au même.

Sur les routes indiennes, on klaxonne pour tout et n’importe quoi. La plupart du temps pour dire : « Attention j’arrive, dégagez le passage. » Surtout quand il s’agit des bus. En général, ils passent en force, sans se poser de questions. Auraient-ils oublié l’existence de la pédale de frein ? Malheur aux deux-roues qui ne se seront pas rabattus sur le bas-côté : ils iront vérifier d’un peu plus près à quoi ressemble le sol.

medium_route_small.JPG

Le tout est de comprendre que la circulation fonctionne par vagues successives. Et ensuite de ne pas les rater. Quand on sent qu’on peut plus ou moins passer, alors il faut y aller, sans hésiter. Une seconde d’hésitation vous vaudra de nombreux coups de klaxons. Ou pire.

Pour résumer, l’usager devra apprendre à jongler entre les voitures qui déboîtent de nulle part, les piétons qui traversent sans regarder, les vaches, chèvres et autres chiens qui font simplement ce qu’ils veulent. Soit autant d’éléments indésirables peu réceptifs au klaxon.

Puis il faudra cohabiter avec des conducteurs qui ont une interprétation assez personnelle du sens interdit. Le scénario habituel : tourner dans une rue à sens unique et se retrouver nez à nez, ou plutôt roue contre roue, avec un rickshaw qui n’a rien à faire là. Au mieux, il s’excusera par un demi-sourire ou un hochement de tête. Au pire, il vous reprochera de ne pas avoir anticipé qu’il allait arriver en sens inverse !

Enfin, pour tourner, ne pas oublier de tendre son bras. Et ce, même si votre véhicule possède un clignotant. Motif : personne ne le regarde. Certaines voitures affichent toutefois « No hand signal » à l’arrière, pour prévenir qu’elles ne feront usage que de leur clignotant. Le monde à l’envers.

Extraits



(Si le film ne marche pas, cliquez ici pour télécharger QuickTime)

Quant à ceux qui seront tentés par la conduite de nuit, une autre difficulté s’annonce : les pleins phares. Tout le monde conduit en pleins phares. Tout le monde, sauf vous. Résultat : vous êtes aveuglés. Et comme les Indiens ont une fâcheuse tendance à se balader la nuit sur le bord de la route, vous manquez d’en écraser quelques-uns.

Entre 1978 et 1998, le taux de mortalité sur la route a augmenté de 79 % en Inde. Dans le seul Etat du Tamil Nadu, il y a six accidents par heure, dont un mortel. À bon entendeur…

30/01/2007

Tout un village se mobilise contre le sida

« Un village montre l’exemple pour mettre fin à l’épidémie du sida », titre mardi le Times of India. Il s’agit de Budni, situé dans l’Etat méridional du Karnataka. Ses 4.000 habitants viennent de voter en faveur du dépistage obligatoire des garçons et des filles avant le mariage. Depuis cinq ans, 15 villageois, dont 4 enfants, sont morts du sida.

« Nos filles ont été mariées à des hommes venus de Mumbai, Kolhapur ou Goa, qui avaient contracté le virus. Elles sont ensuite revenues au village : veuves et malades. De même, certains de nos garçons ont été contaminés par des filles originaires d’autres villages. C’est pourquoi nous avons décidé de rendre le test obligatoire », explique l’un des membres du panchayat, l’équivalent de nos communes.

« Ce qui est frappant, s’étonne le Times of India, c’est que ce soit un village si peu développé qui ait pris cette mesure positive ». En effet, à Budni, l’hôpital le plus proche est à 10 kilomètres. Il n’y a ni route ni école secondaire. La majorité des 600 familles vit dans des maisons de boue.

Désormais, une « révolution silencieuse est en marche », estime le quotidien. Les « devadasis » ont pris la tête de la lutte contre le sida. Les devadasis, issues de la caste des intouchables, sont des esclaves de Dieu. À leur naissance, elles sont vouées à une déesse hindoue et devront ensuite offrir leurs corps aux hommes. Des prostituées divines, premières victimes de l’épidémie.

medium_inde_sida_small.jpg

Tous les jours, les devadasis de Budni font le tour du village avec des instruments de musique afin de « réveiller les consciences ».







Le peu de moyens ne les a pas découragés : elles ont créé un comité de santé qui s’occupe actuellement de 35 personnes atteintes du HIV. « J’ai été consacrée devadasi à l’âge de neuf ans. Ce qui s’est passé ensuite s’apparente à l’enfer. Je ne veux pas que les filles du village connaissent ce que j’ai subi. Maintenant, je travaille pour la communauté, je lutte contre le HIV et contre le système des devadasis », explique Kalavathy. Elle a permis à 12 jeunes filles d’échapper à ce tragique destin. « Une vraie révolution », conclut le Times of India.

Selon le dernier rapport d’Onusida, l’Inde détient le triste record du plus grand nombre de personnes infectées par le VIH. Avec 5,7 millions de personnes contaminées, l’Inde dépasse désormais l’Afrique du Sud (5,5 millions).

29/01/2007

Petite histoire d'un mariage arrangé

Murthy et Sharmila se sont dit « oui » lundi matin. Se jurant amour et fidélité jusqu’à ce que la mort… Non, à tout bien y réfléchir, ça ne ressemblait pas vraiment à ça.
C’était juste…autre chose. Un mariage arrangé conclu en deux semaines. Il y a 15 jours, Murthy et Sharmila ne s’étaient jamais rencontrés. Aujourd’hui, ils sont mariés. Quoi de plus normal pour celui baigné dans la culture indienne. Difficile à comprendre pour celle bercée par la culture occidentale.

medium_affiche_mariage_small.JPG

Tout commence par un dîner la veille de la cérémonie religieuse. Les invités se retrouvent dans l’un des nombreux « marriage hall » de la ville. Dans ce qui ressemble à une vaste cantine, les convives partagent le thali, plat typique de la région. Pour se faire une idée, il suffit d’imaginer un mariage traditionnel en France. Le dîner qui dure des heures et les plats qui se succèdent. Et ensuite, d’imaginer exactement l’inverse. Voilà, c’est à ça que ressemble un mariage tamoul. On mange vite, assis devant sa feuille de bananier. On parle peu. Ici, la notion de «dîner convivial » n’existe guère. Il s’agit de manger, point.

medium_cantine_small.JPG

Seule originalité dimanche soir : le nombre d’Occidentaux réunis dans la salle. Normal, Murthy est le sculpteur d’Auroville. Il a reçu plusieurs récompenses nationales, tel que le précise son faire part : «N. Murthy, national awardee of stone carving.»

Voilà. ll est à peine 20h15 et c’est déjà fini. Vous partez avant même que la future mariée arrive. Elle parcourt les dix kilomètres entre Pondichéry et Auroville sur un trône illuminé qui avance à 5 km/h !

Le lendemain a lieu la cérémonie religieuse. À 6h du matin. Une histoire d’horoscope. La cérémonie est très protocolaire. Précédés des musiciens, les mariés s’installent sur un pandel, un petit espace sacré situé sur une estrade. Le jeune couple est entouré par sept femmes - obligatoirement non veuves - portant des plateaux chargés des divers objets nécessaires à la cérémonie (noix de coco, bijoux, etc.).

medium_trone_small.jpg

S’en suit une série de rituels minutieux. On commence par invoquer Ganesh, le dieu qui lève les obstacles. Vient ensuite le bain rituel donné par cinq femmes au fagot sacré composé de trois plantes. Fécondité, longévité, douceur de vivre : cette cérémonie attirera sur le couple divers bienfaits. Les futurs époux rendent ensuite successivement hommage à leurs parents en leur baignant les pieds sur un large plateau. Suivent le thâli pûjâ et le thâli kattudal qui constituent en quelque sorte l'équivalent de la bénédiction et de l'échange des alliances dans le mariage chrétien.

Les invités et la famille lancent alors sur le couple du riz safrané mêlé de pétales de fleurs, ajoutant ainsi leur bénédiction à celle du prêtre. Main dans la main, les mariés font sept fois le tour du feu sacré. Ensuite, ils reçoivent cadeaux et argent de la part des convives qui se succèdent sur l’estrade. Ils se rendent ensuite au temple le plus proche. C'est en tant que mari et femme qu'ils assistent à la cérémonie.

Pour Murthy, presque la trentaine, ce mariage est la fin de longues semaines de pression parentale. Et le début de grandes questions existentielles pour quelqu’un qui n’a jamais partagé sa vie : «Quand on a une femme, on doit rentrer à la maison après le travail ? Comment on fait si on a envie de faire autre chose ?», se demandait-il ainsi il y a quelques semaines. Souhaitons leur que ce vieil adage populaire soit vrai : « L’amour vient après le mariage. »

Voir le film du mariage




(Si le film ne marche pas, cliquez ici pour télécharger QuickTime)

26/01/2007

Et la République indienne fut créée

Le 26 janvier 1950, l’Inde devient une République. Deux ans et demi après son indépendance. Le père de la Nation, le Mahatma Gandhi, décédé en 1948, n’est pas là pour constater le fruit de ses années de lutte. S’adressant à ses compatriotes, Nehru déclare : «Nous avons de la chance d’assister à la création de la République indienne. Nos successeurs nous envierons cet instant unique.»

medium_ambedkar_small.JPG Ce jour-là, la Constitution est adoptée. L’un de ses principaux rédacteurs est le Dr Ambedkar, figure de la lutte en faveur des intouchables.






Dans le texte, il inscrit la lutte contre toutes formes de discrimination, tant envers les femmes qu’envers les hors-castes. Il élève au rang de principe constitutionnel le principe du respect de la liberté de religion. « Chaque citoyen obtient alors le droit de votre, faisant de notre pays la plus grande démocratie du monde », rappelle le Hindu dans son édition de vendredi.

L’Assemblée constituante adopte également l’hymne national indien, inspiré d’une chanson écrite et composée par le Prix Nobel de littérature, Rabindranath Tagore.

Ici, interprété par les meilleurs musiciens indiens.



medium_embleme_inde_small.jpg La toute nouvelle République indienne se dote d’un emblème : le lion. Il trouve son origine dans le chapiteau aux lions d'Ashoka retrouvé à Sarnath, près de Varanasi, dans l'état du Uttar Pradesh. Ce chapiteau comporte quatre lions symbolisant la puissance, le courage et la confiance.


Là se trouve la devise nationale : Satyamēva Jayatē, « Seule la Vérité triomphe », en sanskrit.

medium_boutique_small.JPG

Depuis, chaque 26 janvier est jour de fête nationale. Toutes les villes et villages indiens se parent aux couleurs de la République : orange, blanc et vert.

medium_mag_fermes_small.JPG

medium_policier_small.JPG

À Dehli, une grande parade militaire est organisée en présence du président de la République indienne, Abdul Kalam.









Voir ce clip gouvernemental, destiné à promouvoir la République indienne.

25/01/2007

Amour, gloire et politique

Dans l’Etat du Tamil Nadu, les politiques sont en général de bons acteurs. La raison est simple : ce sont de vrais acteurs ! Sortis tout droit de Tamilwood, le Bollywood tamoul.

medium_MGR_SMALL.jpg Il y eut d’abord M.G. Ramachandran. M.G.R pour les intimes. L’homme se présente aux élections régionales en 1977. Sur grand écran, la superstar incarne les héros épiques. Sur le terrain, le public-électeur ne fait pas la différence : M.G.R récite devant la foule en liesse les dialogues qui ont fait son succès.


Le discours est creux mais peu importe, l’électeur retrouve le plaisir déjà éprouvé dans les salles obscures. Adoré, adulé, l’homme va régner pendant dix ans sur l’Etat du Tamil Nadu.

À sa mort, les tamouls assistent à un étrange duel. La femme de M.G.R et sa maîtresse s’affrontent dans un combat sans merci pour capter son héritage politique. Un scénario digne des meilleurs films tamouls. Et ce d’autant plus que la maîtresse n’est autre que la jeune première du cinéma indien, Jayalalitha. Habile, cette dernière remporte les élections régionales en 1991. Elle devient la première femme élue au poste de « chief minister » d’un Etat.

medium_jaya_small.jpg

Jayalalitha s’est fait connaître pour son populisme teinté d’autoritarisme. Les journalistes sont les premiers à en faire les frais. Elle est aussi connue pour son culot : impliquée dans six affaires de corruption, elle retourne l’accusation contre le premier ministre de l’époque, Atal Behari Vajpayee , et est réélue en 2001. Elle est alors au top de sa popularité : des temples lui sont entièrement consacrés ! La « femme de fer » est même entrée au Guiness des Records pour avoir organisé le plus grand banquet de mariage : son fils était entouré de 150.000 convives.

medium_nouveau_small.jpg Un record vraisemblablement insuffisant pour être réélue en mai 2006. C’est désormais le docteur Kalaignar M. Karunanidhi qui est à la tête du Tamil Nadu. Et ce pour la cinquième fois.


Lui n’a pas été acteur mais scénariste, avec plus de 70 films à son compteur. Un peu comme si Jean-Marie Poiré prenait la tête de la région Ile-de-France !

24/01/2007

Love story à l’aéroport de Chennai

L’aéroport de Chennai, ex-Madras, a été mardi le théâtre d’une «histoire digne des plus grands films bollywoodiens», selon le Deccan Chronicle.

Tout commence il y a six mois quand une jeune fille de 23 ans, originaire du Punjab, à la frontière indo-pakistanaise, tombe amoureuse de son voisin d’en face. Ce qui aurait dû être le début d’une belle histoire d’amour se transforme vite en enfer. En Inde, le mariage arrangé reste de mise. Les deux familles s’opposent donc à cette relation.

medium_avion_small.jpg

Pour « aider à la rupture », la famille de la jeune fille l’envoie chez des proches à New York. Pendant six mois, elle feint d’avoir oublié son amoureux. Mais en réalité, les deux tourtereaux s’échangent des mails enflammés à longueur de journée.

La croyant « guérie », sa famille l’autorise à rentrer au pays. Mardi midi, son oncle l’attend à l’aéroport. Mais il ignore une chose : son amoureux est venu la chercher. La jeune fille à peine débarquée, le couple s’enfuit vers un rickshaw. C’était sans compter la volonté de l’oncle, qui les a rattrapés avant qu’ils n’atteignent le véhicule. La jeune fille s’est retrouvée tiraillée par son oncle et son petit ami, forçant la police à intervenir. Tout le monde a été embarqué au poste.

Après huit heures de négociations, l’oncle a cédé, quittant le commissariat en maudissant le jeune couple. Quant aux deux amoureux, ils sont partis main dans la main.

Qui a dit que les histoires d’amour finissaient mal ?

07:05 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (6)